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Qu'est-ce que le peau à peau?

Le peau à peau est une pratique de soin d’abord mise en place et recommandée pour les enfants prématurés. À force d’étudier les effets bénéfiques de cette pratique sur la stabilisation de l’enfant et sur son cerveau en développement, de nombreux chercheurs ont observé que les nouveau-nés à termes et en santé en bénéficiaient tout autant. Aujourd’hui, de nombreux hôpitaux et autres lieux de naissance partout dans le monde ont adapté leur protocole de soin afin d’offrir une à deux heures de peau à peau ininterrompu à chaque nouveau-né tel que recommandé par l’OMS [1].

La prochaine étape pour les établissements de santé périnataux sera la mise en œuvre de la recommandation de l’United States Institute of Kangaroo Care (USIKC). C’est-à-dire, de garder le nouveau-né au moins 24 heures dans son habitat naturel sans séparation, donc en peau à peau. L’allaitement exclusif serait ainsi grandement favorisé (probable à 90%).[2]

Les deux heures de peau à peau à la naissance offrent une cascade de bienfaits au bébé et à sa mère :

  • Favorise un bon départ de l’allaitement et prolonge sa durée dans le temps;
  • Stabilise l’enfant par la diminution des bradycardies, des apnées, des tachypnées, de l’hypoglycémie et de l’hypothermie;
  • Favorise le bien-être général du bébé et stimule sa prise de poids;
  • Stabilise aussi l’organisme de la mère en diminuant d’abord son stress, mais aussi en favorisant les processus de contraction et d’involution de l’utérus qui diminuent les risques d’hémorragie;
  • Offre les circonstances adéquates pour favoriser au maximum les comportements d’attachement maternel, grâce à la sécrétion d’ocytocine provoquée par le contact peau à peau.
  • Permet au niveau de stress du bébé de diminuer (diminution des hormones de stress de 72% dans les premiers 10 à 20 minutes de peau à peau après la naissance, taux qui resteront bas jusqu’à la prochaine séparation) ce qui lui permet :
    • D’être davantage en état d’éveil calme tout en manifestant significativement moins de pleurs;
    • D’entrer en relation avec ses parents et d’exprimer des comportements d’attachement grâce aux sécrétions d’ocytocine;
    • D’exprimer les comportements innés de recherche, prise du sein et stimulation de la lactation;
    • D’avoir un sommeil efficace en terme de maturation du cerveau avec la complétion d’un cycle complet de sommeil d’une durée d’une heure;

L’état physiologique naturel de non-séparation

Les chercheurs parlent aujourd’hui de l’ « habitat naturel » du nouveau-né : le corps de sa mère, ou alternativement, de son père. La biologie du bébé est pré-programmé pour évoluer dans cet habitat particulier et se comporter de manière à subvenir à ses propres besoins en chaleur, en nourriture et en réconfort.[3]

Autrement, il est en « état de séparation » et devient alors en « mode de survie » avec  ses hormones de stress qui s’élèvent rapidement et le déstabilisent. [4]

Les conséquences d’un état de stress sur la physiologie du nouveau-né sont larges : mise en pause du développement, instabilité physiologique, diminution de la prise de poids, délais du processus d’attachement, difficulté à téter, etc.[5]  Vérifier si mon énumération correspond à l’étude

La majorité des hôpitaux au Québec favorisent la cohabitation du bébé dans la même chambre d’hôpital que sa mère. Il est important de savoir que cette cohabitation en elle seule n’est pas une non-séparation. Tout vêtement ou distance entre le bébé et sa mère ou son père constitue un état de séparation dans les premiers jours, voir les premières semaines de vie.

 

Pour soutenir l’adaptation à la vie extra-utérine du bébé de la meilleure façon possible :

  • Assurer une période ininterrompue de deux heures de peau à peau immédiatement après la naissance avec la mère ou avec le père dans les rares cas où cela n’est pas possible;  
  • Offrir au nouveau-né un maximum de peau à peau dans le premier 24 heures avec ses parents;
  • Plusieurs heures par jour durant la première semaine de vie;
  • Poursuivre avec une à deux heures par jour jusqu’à ce que l’enfant atteigne six semaines.
  • Garder ensuite l'enfant en étroit contact avec ses parents en activité avec grâce au portage et l'utilisation d'un porte-bébé.

 



[3] Bergman 2006

[4] Morgan, B.E., Horn, A.R. & Bergman, N.J. (2011). Should neonates sleep alone? Biological psychiatry 70, 817-825

[5] Christensson, K., Cabrera, T., Christensson, E., Uvnäs–Moberg, K., & Winberg, J. (1995). Separation distress call in the human neonate in the absence of maternal body contact. Acta paediatrica, 84(5), 468-473.

 

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