Qu’est-ce que le peau Ă peau?
Le peau Ă peau consiste Ă placer un nouveau-nĂ© complètement nu, Ă l’exception d’une couche, contre la poitrine nue de son parent ou d’une personne qui en prend soin. Il permet au bĂ©bĂ© et Ă son parent de sĂ©crĂ©ter de l’ocytocine, hormone de l’amour, et de profiter de tous ses bĂ©nĂ©fices. Il constitue un soin postnatal essentiel pour le nouveau-nĂ©, qu’il soit prĂ©maturĂ© ou nĂ© Ă terme.
Quand pratiquer le peau Ă peau ?
Le peau à peau est pratiqué dès la naissance, idéalement de manière ininterrompue durant les 2 premières heures de vie. Il est d’abord pratiqué avec la mère pendant ces premières heures pour favoriser au maximum la lactation et la transition biologique postnatale. Dans les rares cas où la mère est dans l’impossibilité de faire du contact peau à peau immédiatement après la naissance, le père est encouragé à le faire. Ensuite, le peau à peau peut être pratiqué autant par un parent que par l’autre, ou même un autre membre de la famille proche.
Offrir au nouveau-nĂ© un maximum de peau Ă peau durant les premières 24 heures de vie permet au bĂ©bĂ© d’expĂ©rimenter une transition vers la vie extra-utĂ©rine tout en douceur. On peut ensuite continuer de s’offrir ce merveilleux contact Ă la maison, après la sortie du lieu de naissance, durant toute la pĂ©riode postnatale. Il est recommandĂ© de faire du peau Ă peau pour une durĂ©e d’une Ă deux heures par jour (l’équivalent d’un cycle complet de sommeil). Et ce, jusqu’à ce que le bĂ©bĂ© atteigne six semaines. On peut ensuite garder le bĂ©bĂ© en contact Ă©troit avec ses parents mĂŞme lorsqu’en activitĂ© grâce Ă la pratique du portage physiologique et l’utilisation d’un porte-bĂ©bĂ©.
Comment pratiquer le peau à peau en toute sécurité ?
Le peau Ă peau est un soin postnatal accessible Ă tous les parents, demandant seulement un peu de temps et une vigilance appropriĂ©e. Pour pratiquer le peau Ă peau sĂ©curitairement, assoyez-vous ou allongez-vous confortablement Ă un angle de 45 degrĂ©s (semi-couchĂ©). Placez le bĂ©bĂ© nu, Ă l’exception de sa couche, sur votre poitrine nu. Recouvrez-le d’une mince couverture afin qu’il conserve sa chaleur. Le visage de bĂ©bĂ© doit toujours ĂŞtre visible, ses voies respiratoires dĂ©gagĂ©es et son menton lĂ©gèrement relevĂ©. Si vous vous sentez fatiguĂ©, dĂ©posez bĂ©bĂ© dans son lit ou demandez Ă une autre personne de s’en occuper, ou de rester Ă proximitĂ© afin de garder bĂ©bĂ© sous surveillance.
Les études sur le peau à peau

D’abord mise en place dans les néonatalogies, le peau à peau a démontré être bénéfique à plusieurs niveaux pour les bébés prématurés, mais aussi pour les bébés nés à terme. Les études démontrent que le contact peau à peau aide au bon développement du cerveau du nouveau-né, en plus de stabiliser ses signes vitaux. Aujourd’hui, de nombreux hôpitaux et autres lieux de naissance partout dans le monde ont adapté leur protocole de soin afin d’offrir 1 à 2 heures de peau à peau ininterrompue à chaque nouveau-né tel que recommandé par l’OMS. [1]
La prochaine étape souhaitée pour les établissements de santé périnataux serait la mise en œuvre de la recommandation de l’United States Institute of Kangaroo Care (USIKC). C’est-à -dire, de garder le nouveau-né au moins 24 heures dans son habitat naturel sans séparation, donc en peau à peau. L’allaitement exclusif serait ainsi grandement favorisé (probable à 90%). [2]
Le peau à peau et la zéro séparation ou l’état physiologique naturel de non-séparation.
Les chercheurs parlent aujourd’hui de l’habitat naturel du nouveau-nĂ© comme Ă©tant le corps de sa mère, ou alternativement, de son père. La biologie du bĂ©bĂ© est prĂ©-programmĂ© pour Ă©voluer dans cet habitat particulier et se comporter de manière Ă subvenir Ă ses propres besoins en chaleur, en nourriture et en rĂ©confort.[3] Autrement, il est en « Ă©tat de sĂ©paration » et devient alors en « mode de survie » avec ses hormones de stress qui s’élèvent rapidement et le dĂ©stabilisent. [4]
Les conséquences d’un état de stress sur la physiologie du nouveau-né sont larges : mise en pause du développement, instabilité physiologique, diminution de la prise de poids, délais du processus d’attachement, difficulté à téter, etc.[5]
La majorité des hôpitaux au Québec favorisent la cohabitation du bébé dans la même chambre d’hôpital que sa mère. Il est important de savoir que cette cohabitation en elle seule n’est pas une non-séparation. Tout vêtement ou distance entre le bébé et sa mère ou son père constitue un état de séparation dans les premiers jours de vie.
Les bienfaits du peau Ă peau
Ainsi, on comprend de mieux en mieux la nécessité de pratiquer le peau à peau durant les premières heures suivant la naissance. Et on y attribue une cascade de bienfaits pour le bébé, la mère, mais aussi pour le père ou l’autre parent.

Les bienfaits du peau à peau pour le bébé :
- Facilite la transition vers la vie extra-utérine
- Stimule et déclenche les réflexes innés
- Stimule l’immunisation
- Prévient l’hypoglycémie
- Diminution des bradycardies, des apnées et des tachypnées
- Stabilise sa température (thermo-régulation)
- Favorise le positionnement physiologique
- Améliore le développement et la maturation des fonctions cérébrales
- Diminue le stress (Diminution des hormones de stress de 72% dans les premiers 10 à 20 minutes de peau à peau après la naissance, taux qui resteront bas jusqu’à la prochaine séparation.)
- Favorise la prise de poids du bébé
- Procure un sommeil dit « calme »
- Diminue les pleurs
- Réduit la douleur
- Favorise les comportements d’attachement
Les bienfaits du peau Ă peau pour la maman :

- Diminue le stress
- Favorise l’allaitement et améliore la production de lait maternel
- Renforce le sentiment de compétence maternelle
- Réduit le temps de rétablissement
- Diminue les saignements et le risque d’hémorragie post-partum
- Favorise les comportements d’attachement maternel
- Diminue le risque de dépression post-partum
Les bienfaits du peau Ă peau pour le papa :
- Diminue le stress et diminue le risque de dépression postpartum
- Renforce le sentiment de compétence paternelle
- Renforce l’attachement à court et à long terme
[1] Standards pour l’amélioration de la qualité des soins maternels et néonatals dans les établissements de santé, OMS, 2016.
[2] Bergman, N.J. (2014 – Nov 28). The neuroscience of birth – and the case for Zero Separation. Curationis, 37(2):1-4.
[3] Bergman 2006
[4] Morgan, B.E., Horn, A.R. & Bergman, N.J. (2011). Should neonates sleep alone? Biological psychiatry 70, 817-825
[5]Christensson, K., Cabrera, T., Christensson, E., Uvnäs–Moberg, K., & Winberg, J. (1995). Separation distress call in the human neonate in the absence of maternal body contact. Acta paediatrica, 84(5), 468-473.
